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Ce livre remet en cause les interprétations qui ont été données de l'intervention des intellectuels lors du mouvement social de novembre-décembre 1995. Loin de se réduire à une guerre entre des camps composés d'un côté d'"experts" et de l'autre de "compagnons de route" des grévistes, la confrontation des deux listes a fait apparaître certains des clivages qui structurent le champ intellectuel. C'est en portant complètement au jour ces principes de division cachés que l'on peut comprendre le sens de l'action des intellectuels qui, par un engagement collectif et international, s'affirment aujourd'hui comme une force de résistance à la "révolution conservatrice" des pouvoirs économiques et politiques. |
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La « révolution » qu'a connue le Royaume-Uni, dans les années 1980, sous Margaret Thatcher, et qui a fait de lui le pays du « libéralisme réel » fut largement préparée par un travail de subversion intellectuelle de l'ordre keynésien.
Travail mené d'abord à partir d'institutions privées de recherche et de vulgarisation idéologique néo-libérales fortement imbriquées sur le plan international. En l'espace de quelques années, ces think tanks britanniques ont contribué à forger un nouveau sens commun économique, dont l'actuel Premier ministre, Tony Blair, reste très largement prisonnier et qui est construit autour de la privatisation, de la déréglementation et de la précarisation du travail. |
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Sous couvert de "modernisation" le parti travailliste britannique s'est transformé progressivement à partir du milieu des années quatre-vingt en incorporant dans ses analyses et ses propositions l'essentiel de l'héritage thatchérien. Ce processus s'est accéléré avec l'arrivée à la tête du parti, en 1994, de Tony Blair, qui, dans sa pratique gouvernementale comme dans ses tentatives de théorisation, représente la pensée de marché au sein de la gauche européenne. Loin d'aller dans le sens d'une rénovation, le triomphe des thèses néo-travaillistes conduirait inéluctablement à une rupture avec l'ensemble des traditions socialistes et à l'acceptation des inégalités sociales, de la précarisation des salariés et du régime sans partage des marchés financiers comme autant de nécessités historiques de l'ère de la "mondialisation". |